Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /Mai /2009 15:22


Je me permets de reproduire ici un article intéressant de Rémi BERTRAND qui apporte un éclairage sur la désinvolture.

désinvolture, négligence

 

« La désinvolture et la négligence se manifestent par le même laisser-aller apparent. Mais dans un cas il y a du caractère ; dans l'autre, seulement une insouciance méprisable. Tout est dit : la désinvolture est un art ; la négligence est un tort.
Il y a moins, dans la désinvolture, une volonté mal intentionnée que l'expression naturelle d'une sorte de je-m'en-foutisme gentil et élégant (...). Dans la négligence, on ne trouve que le vide de l'omission stupide (...) et les signes d'un cerveau ou bien inattentif ou bien peu lumineux (...). Ni l'une ni l'autre ne sont volontaires, mais la désinvolture se cultive alors que la négligence
« se néglige » — l'une serait davantage « consciente » que l'autre.
Est
désinvolte celui qui — sans effort — fait de son apparent désintéressement une manière d'être au monde ; est négligé ou négligent
celui dont la bêtise ne lui permet pas d'apprivoiser son défaut — encore faudrait-il distinguer les deux formes de l'adjectif : la première focalise les regards sur le paraître de l'individu (...) ; la seconde, sur l'attitude de l'individu envers l'extérieur (...).
La
désinvolture est un style de vie ; la négligence
, une vie sans style. L'une n'est pas dépourvue de grâce (...) ; l'autre reste bloquée au manque d'application (...). Une règle n'étant rien sans exception, personne ne confondra une « femme négligée » avec une femme « en négligé » : voilà un cas de « négligence soignée »...
L'indifférence de l'être
négligé est alarmante de vérité (« négligence » vient du latin neglegere — construit avec nec, « ne pas », et legere, « recueillir » — signifiant « ne pas s'occuper de », « être indifférent à ») ; celle du désinvolte est si excessive qu'on en vient à percer son mystère : la désinvolture est le paradoxe de l'hyperémotif. Le désinvolte est un sensible ; le négligé
, un insensible.
Ce qui me surprend toujours dans la
désinvolture (de l'italien disinvolto, « dégagé », issu du latin volvere, « dérouler » — d'où le sens psychologique : quiconque a l'« esprit déroulé » se sent libre, dégagé dans ses mouvements), c'est cette espèce d'aisance naturelle de l'individu à traverser le réel avec détachement, presque avec talent : il y a en elle comme l'affirmation — doucement provocatrice — d'une insoumission, d'une liberté effrontée ; la négligence trahit plutôt une incapacité à maîtriser les choses. La désinvolture est une philosophie du quotidien (...) ; la négligence
n'a rien d'une sagesse.
La
désinvolture peut irriter ceux qui n'en ont pas le don : à leurs yeux, elle est insolence, impertinence (...). Bien sûr, pratiquée à l'extrême, avec moins d'art que d'irresponsabilité, la désinvolture peut mener à la décadence. (...) »

Rémi Bertrand
Un bouquin n'est pas un livre Les nuances des synonymes
Collection Le goût des mots
Editions Points

Par spontan - Publié dans : philosophie - Communauté : au jour le jour
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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /Avr /2009 10:35

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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /Avr /2009 10:22
Ce qui est arrivé depuis assez peu de temps au verbe gérer.
On employait ce verbe uniquement à propos d'objets. On gérait un stock, un compte en banque, des fichiers informatiques etc. A présent on gère des personnes, des êtres humains ou des situations humaines. Tel directeur de prison explique à la télévision qu'il “gère” tant de détenus. En fait, tout le monde gère quelqu'un. Le plus souvent, le verbe est employé à la forme négative dans l'expression : “c'est pas facile à gérer.” On entend souvent aussi : “c'est devenu ou ça va devenir ingérable.” On en est même arrivé à “gérer ses sentiments” : on gère son stress, on gère ses émotions etc. Le tréfonds de la personne humaine, ce qui est profondément intérieur se trouve ainsi ramené à l'état de choses gérables. Ou bien le verbe gérer a-t-il pris une valeur nouvelle, a-t-il acquis une certaine noblesse passant du compte en banque et des stocks à l'intériorité humaine ?Le verbe tend même en quelque sorte à être employé sans complément. Aujourd'hui même, au journal télévisé, une mère dont l'enfant sourd vient d'être appareillé avec succès dit : “C'était pas facile à gérer mais maintenant il gère. ” Que veut-elle dire ? Qu'il se débrouille à présent tout seul, qu'il est plus autonome ? Ou bien qu'il s'adapte bien à son nouvel état ?Ce verbe qui est resté très longtemps dans un domaine assez restreint tend à envahir la langue et à prendre une place disproportionnée, à connaître une fréquence inquiétante. Inquiétante car je ne peux m'empêcher de voir dans l'emploi nouveau de ce verbe la marque d'un durcissement ou d'une dégradation des rapports humains. -------------------------------------------------------------------------
Ajout de dernière minute trouvé sur internet : GERER v. tr. (…) On ne peut gérer que des biens matériels ou ce qui peut y être assimilé. L’emploi extensif de ce verbe à d’autres domaines, comme dans " gérer un divorce, une maladie, un échec ", etc., est de très mauvaise langue et doit être proscrit.
Par spontan - Publié dans : philosophie - Communauté : Spiritualité laïque
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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /Avr /2009 10:11





Ni boussole, ni plan, ni carte
c'est le secret de l'improvisateur ou du marcheur qui n'a pas choisi de destination ni d'horaire.
 En franchissant cette porte, nul ne peut savoir où elle mène,même pas moi... 

franchir cette porte ?franchir cette porte ?

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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 13:28

      Ce qui fait l'attrait sans doute du service religieux de la messe catholique c'est son côté répétitif, sans imprévu : on sait à coup sûr ce qui se dira, ce qui se fera, ce qui se passera puisque rien ne change                                                Eglise de DINANT en Belgique
      (hormis le sermon) d'une fois à l'autre. Gestes, chants, paroles : tout est prévisible, connu à l'avance. Cela rassure.On y vient  chercher justement cette absence de surprise et cela repose.On s'y repose de la vie courante qui est toujours pleine d'inattendus, réels ou supposés. C'est sans doute la caractéristique de tous les rites dans toutes les religions : l'assurance de l'invariable et du prévisible. Ne varietur.
En somme, on n'a même pas  besoin de croire vraiment au sens et à la vérité de l'office car ce qui compte au fond c'est le calme et le repos qu'on y trouve et qu'il nous assure.

Par spontan - Publié dans : psychologie religieuse - Communauté : Spiritualité laïque
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